Master et édition, expliqués
Chaque morceau que tu sors rapporte de deux façons séparées, collectées par des gens différents, via des systèmes différents. D’un côté, l’enregistrement : le master. De l’autre, le morceau tel qu’il a été écrit : l’édition (le publishing). Quand tu sais qui est qui, tu sais d’où vient ton argent et qui d’autre a droit à une part.
En bref : le master, c’est l’enregistrement. Il rapporte sur les streams, les téléchargements et la synchro, et c’est ton distributeur qui te paie. L’édition, c’est la composition, la musique et les paroles telles qu’elles sont écrites. Elle rapporte des droits d’exécution et de reproduction, collectés par des sociétés comme la SACEM, la Sabam, la SUISA ou la SOCAN. Sur un morceau fait avec une instru en lease, le producteur touche en général une part des deux.
Par TH6 · Mis à jour le
Deux droits, un morceau
Un morceau, c’est deux choses à la fois. Il y a la composition : la mélodie, les accords et les paroles, qu’on peut écrire et qu’un autre peut interpréter. Et il y a le master : un enregistrement précis de cette composition. Une reprise utilise la même composition avec un autre master.
Chacun a ses propriétaires et son argent. C’est pour ça que la question « à qui appartient le morceau ? » n’a jamais de réponse en un mot.
Le master : l’enregistrement
- Ce qu’il rapporte : les streams sur Spotify, Apple Music, YouTube Music et ailleurs, les téléchargements, et la synchro quand l’enregistrement est utilisé dans un film, une pub ou un jeu.
- Qui paie : ton distributeur te verse l’argent du streaming. Dans un contrat avec un label, c’est le label qui l’encaisse d’abord.
- Les droits voisins : quand l’enregistrement passe à la radio ou en public, des sociétés paient les artistes-interprètes et le producteur de l’enregistrement. En France : l’ADAMI ou la SPEDIDAM pour l’artiste, la SCPP ou la SPPF pour le producteur.
L’édition : la composition
- Les droits d’exécution : l’argent quand le morceau est joué en public, à la radio et à la télé, en salle et sur les plateformes de streaming.
- Les droits de reproduction (mécaniques) : l’argent quand le morceau est reproduit, sur les plateformes et sur les supports physiques.
- La synchro : la part de la composition quand un morceau est utilisé dans un film, une pub ou un jeu.
Les sociétés de gestion collective collectent ces droits pour leurs membres : la SACEM en France et au Luxembourg, la Sabam en Belgique, la SUISA en Suisse, la SOCAN au Canada. Un éditeur peut aider à collecter, surtout à l’étranger, en échange d’une part.
Comment ça marche sur un morceau avec une instru en lease
Quand tu fais un morceau sur l’instru de quelqu’un d’autre, les deux droits sont partagés. La composition a deux auteurs : le producteur pour la musique, et toi pour le texte et la topline. Le master est ton enregistrement, mais l’instru du producteur est dedans, donc les licences d’instru donnent en général aussi au producteur une part du master.
Chez TH6, ces chiffres sont fixés sur la licence : tu gardes 90 % du master et TH6 garde 10 % (avec un second producteur, 5 % chacun), et l’édition est à 50/50, sans part d’éditeur en plus. Tu mets en place le split du master chez ton distributeur, et tu déclares la composition à ta société avec les deux auteurs. Les étapes sont dans sortir un son sur une instru en lease.
Un exemple chiffré
Disons qu’un morceau sur un lease de TH6 rapporte 2 000 € de revenus du master grâce au streaming en un an, et que les sociétés de gestion versent 400 € de droits d’auteur pour lui.
- Master : 1 800 € pour toi, 200 € pour TH6.
- Édition : 200 € pour toi comme auteur du texte et de la topline, 200 € pour TH6 comme compositeur.
Les chiffres sont inventés pour montrer le partage ; ce que rapporte vraiment un morceau dépend d’où et de combien il est joué. Ce qui compte, c’est que les deux splits soient écrits avant la sortie, pour que personne n’ait à se disputer après.
Les erreurs qui coûtent de l’argent
- Ne pas déclarer la composition. Le versement de ton distributeur ne contient pas l’édition ; un morceau que personne n’a déclaré laisse cet argent dormir.
- Déclarer la mauvaise répartition. Si tu te déclares seul auteur, la société te verse de l’argent qui revient au producteur, et il faudra le corriger plus tard.
- Céder ton édition sans lire. Une licence qui prend une grosse part d’éditeur en plus de la répartition entre auteurs coûte cher quand le morceau marche.
- Oublier les droits voisins. Les passages radio de ton enregistrement rapportent à part de l’édition, mais seulement si tu es inscrit.
Questions fréquentes
Quelle différence entre master et édition ?
Le master, c’est l’enregistrement ; l’édition, c’est la composition, la musique et les paroles telles qu’elles sont écrites. Ils rapportent des droits différents, versés par des canaux différents.
À qui appartient le master d’un morceau sur une instru en lease ?
L’enregistrement est à toi, mais l’instru dedans reste au producteur, c’est pour ça que la licence lui donne une part. Chez TH6, c’est 10 %, partagés en 5 % et 5 % quand deux producteurs ont fait l’instru.
Ai-je besoin d’un éditeur ?
Pas pour collecter dans ton pays : l’adhésion à ta société de gestion suffit. Un éditeur peut aider à collecter à l’étranger et proposer tes morceaux pour la synchro, en échange d’une part.
Comment déclarer un morceau à la SACEM ?
En tant que membre, via l’espace en ligne de la SACEM, avec le titre, les auteurs et leurs parts. Pour un morceau sur une instru de TH6 : toi 50 %, TH6 50 %.